Convertir un FCPXML en AAF,
sans perdre vos rôles.
Final Cut Pro (souvent écrit FCPX ou FCP X) n'exporte pas d'AAF. Il exporte du FCPXML — une description de votre montage. Voici comment ce fichier devient une session Pro Tools qui s'ouvre rangée, au bon timecode, avec l'audio dedans.
Pourquoi Final Cut Pro n'écrit pas d'AAF lui-même
Final Cut Pro parle FCPXML. Pro Tools parle AAF. Aucun des deux ne lit l'autre, et Apple n'a jamais fourni le pont.
Un FCPXML décrit votre montage : quel plan, issu de quel fichier, à quel endroit de la timeline, dans quel rôle, avec quel volume. Il ne contient aucun son — seulement des chemins qui pointent vers vos rushes.
Un AAF, c'est ce que le montage son attend. Il porte le montage et, lorsqu'il est autonome, l'audio lui-même. Un mixeur qui n'a jamais vu vos rushes peut l'ouvrir et tout entendre.
Convertir consiste donc à lire la timeline, aller chercher le son dans chaque fichier source, découper chaque région à l'échantillon près, et reconstruire le tout dans un format que Pro Tools comprend. C'est tout le travail — et c'est là que les outils se distinguent.
.fcpxml ou .fcpxmld : lequel avez-vous ?
Depuis Final Cut Pro 11, Fichier > Exporter XML produit un
paquet .fcpxmld et non plus un fichier isolé. macOS l'affiche
comme un seul élément, mais c'est un dossier contenant le XML et ses ressources.
AAFx lit les deux. Vous déposez le paquet tel quel — inutile de faire clic droit, Afficher le contenu, et d'aller y pêcher le XML. Et comme AAFx lit la structure de votre montage au lieu de vérifier un numéro de schéma, une future version de Final Cut qui dépasserait le FCPXML 1.14 ne vous bloquera pas.
Ce que Pro Tools reçoit vraiment
Ci-dessous, un vrai numéro de magazine : 26 minutes, 485 plans audio, 18 rôles, 194 fichiers sources répartis sur quatre volumes.
Tout est annoncé avant qu'un seul octet ne soit écrit : combien de plans ont été trouvés, combien de fausses coupes ont été recollées, combien de clips multicam ont été résolus sur leur angle audio, quels clips étaient désactivés au montage et donc exclus, et quelle place l'AAF demandera sur le disque.
Une piste par rôle, dans l'ordre qu'attend un mixeur
Le dialogue ouvre la session. Viennent ensuite les rôles que vous avez créés dans Final Cut — ici un par lieu d'interview — puis les effets, puis la musique. Quand des plans d'un même rôle se recouvrent, ils occupent des sous-pistes voisines au lieu de s'empiler. Rien n'est anonyme, rien n'est à ranger avant de commencer le mixage.
Comment faire, en quatre étapes
Exporter le XML depuis Final Cut Pro
Sélectionnez votre projet, puis Fichier > Exporter XML. Gardez les
réglages par défaut. Vous obtenez un paquet .fcpxmld, ou un
fichier .fcpxml sur les versions plus anciennes.
Le déposer sur AAFx
AAFx lit les rôles, compte les plans et vérifie que chaque média est accessible. Si un disque manque, il nomme les fichiers, leur rôle, le nombre de plans concernés et le volume attendu.
Régler les poignées, puis convertir
Choisissez la matière conservée avant et après chaque plan — de zéro à trente secondes. Le monteur son pourra rattraper une coupe sans vous redemander les rushes.
Importer dans Pro Tools
Fichier > Importer > Données de session, choisissez l'AAF, importez toutes les pistes. La session s'ouvre nommée et au bon timecode.
Ce qui passe, et ce qui ne passe pas
Être honnête sur la seconde liste compte plus que se vanter de la première : c'est ce qui évite la mauvaise surprise en auditorium.
Transporté
- Rôles et sous-rôles, en pistes nommées
- Timecode source de chaque région, rush par rush
- Poignées avant et après chaque plan, jusqu'à 30 s
- Gain de clip et fondus, convertis en automation
- Clips multicam, résolus sur leurs angles audio actifs
- Clips composés, dépliés
- L'essence audio elle-même, embarquée en 48 kHz / 24 bits
Non transporté
- Effets audio et plug-ins — ils se refont côté son
- Panoramiques
- Changements de vitesse : un plan retimé part à vitesse normale
- Vidéo, titres et graphismes — c'est une livraison son
Pourquoi un plan stéréo devient deux pistes
Cela surprend tout le monde la première fois. Pro Tools ne lit que de l'essence mono à l'intérieur d'un AAF. Donnez-lui une région stéréo entrelacée : il parcourt les échantillons avec un pas erroné, et ce qui en sort est un bruit saturé, alors même que l'audio embarqué est parfaitement intact.
AAFx éclate donc chaque source en une piste mono par canal — et, au-delà de la stéréo, écarte les canaux qui ne portent que du silence. Un enregistreur 16 pistes ne devient pas 16 pistes dans votre session : seuls les canaux contenant du son survivent. Voilà pourquoi la session compte plus de pistes que la timeline Final Cut, et pourquoi elle sonne juste.
Les questions qu'on nous pose
Final Cut Pro exporte-t-il un AAF nativement ?
Non. Il exporte du FCPXML, une description du montage. Pro Tools ne lit pas le FCPXML : une conversion est indispensable.
Quelle différence entre .fcpxml et .fcpxmld ?
Un .fcpxml est un fichier XML unique ; un
.fcpxmld est un paquet contenant ce XML et ses ressources. Final Cut
Pro 11 et 12 écrivent des paquets par défaut. AAFx lit les deux.
Quelles versions de FCPXML sont prises en charge ?
De Final Cut Pro 10.4 jusqu'à Final Cut Pro 12.3, FCPXML 1.14 compris. AAFx lit la structure du montage, pas un numéro de schéma figé.
Faut-il installer ffmpeg, Homebrew ou passer par le Terminal ?
Non. Python et l'extracteur audio voyagent dans l'application. Rien n'est installé sur votre Mac.
Et si les rushes sont sur un disque non connecté ?
AAFx nomme chaque fichier manquant et le volume attendu. Désignez un dossier : la relocalisation se fait par timecode source et durée exacte — deux rushes homonymes issus de deux jours de tournage ne peuvent pas être confondus.
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